Lors du BIM Tour Montpellier, après ma conférence, une étudiante est venue me voir.
Elle m’a dit simplement :
“Ça fait du bien de voir une femme experte dans ce milieu.”
Sur le moment, ça m’a marquée.
Parce que dans le bâtiment, ce genre de remarque n’est pas anodin.

Un parcours qui commence très tôt
J’ai commencé dans le bâtiment très jeune, à 15 ans, juste après la 3ème, en alternance.
Mon premier stage, je l’ai fait chez un électricien, sur chantier… en plein mois de décembre 😬
Je ne peux pas dire que j’ai adoré, mais c’est clairement là que tout a commencé.
Pendant mes études, nous étions très peu de filles.
Deux en BEP pour une dizaine de garçons, deux pour trente en cours généraux, puis cinq en brevet de technicien.
Par la suite, en entreprise, j’ai travaillé dans plusieurs sociétés, et j’ai très rarement eu des collègues femmes dans la partie technique.
Elles étaient surtout présentes dans des fonctions administratives.
Une place qui s’est faite naturellement
Je ne me suis jamais vraiment posé la question de ma légitimité.
C’est un milieu dans lequel je me suis toujours sentie à l’aise.
Je ne me suis jamais sentie rejetée ou mise à l’écart parce que je suis une femme.
J’ai commencé jeune, avec une posture d’observation, d’écoute et une réelle envie d’apprendre.
Cette attitude a été bien accueillie.
Avec le recul, je pense que cela a joué un rôle important.
Le fait d’apporter un regard différent, une sensibilité complémentaire, a souvent été perçu comme une valeur ajoutée.
Une évolution réelle… mais encore lente
Avec le recul, je constate que les choses ont évolué… mais pas autant qu’on pourrait l’imaginer.
Cela fait près de 30 ans que je travaille dans ce secteur, et l’évolution reste finalement assez lente.
Aujourd’hui, les femmes sont plus présentes en architecture et en ingénierie.
En revanche, dans la partie chantier, sur le terrain, leur place reste encore limitée.
Je l’ai moi-même vécu.
Dans une des sociétés où j’ai travaillé longtemps, je n’avais tout simplement pas accès au chantier.
“Ta place est au bureau.” (paroles du patron 😉)
À l’époque, je ne l’ai pas particulièrement remis en question.
C’était comme ça.
Et c’est finalement le seul endroit où j’ai vraiment ressenti une différence.
Sur le dessin, les réunions ou les échanges avec les équipes,
je n’ai jamais perçu de traitement particulier.

Des méthodes de travail qui font évoluer les pratiques et les profils
Ce qui a profondément évolué, en revanche, ce sont les méthodes de travail.
Le BIM, notamment, a apporté une nouvelle dynamique.
Les projets sont aujourd’hui abordés de manière beaucoup plus collaborative, avec une réelle interaction entre les différents métiers.
On ne travaille plus seul dans son coin.
On s’appuie davantage sur les compétences et les connaissances des autres.
Dans ce contexte, la question du genre devient secondaire.
Ce qui compte avant tout, c’est la compréhension du projet et la capacité à travailler ensemble.
Ces méthodes, plus récentes, sont également portées par une génération plus jeune, que je trouve globalement plus ouverte et plus bienveillante.
Elles participent aussi à faire évoluer les profils.
On peut venir du dessin, de la technique, de la coordination…
et trouver sa place dans un projet.
Le BIM, notamment, ouvre des perspectives à des profils qui n’étaient pas forcément attendus auparavant.
Ce que j’observe aujourd’hui
Dans les formations que j’anime, je vois plus de femmes qu’avant.
Mais elles restent minoritaires, et la parité est encore loin.
Même si parfois, certaines situations font sourire.
Il y a deux ans, j’ai formé une agence d’architecture de 15 personnes…
14 femmes pour un homme.
Là, je me suis dit : “ouah !”
Dans les faits, les orientations restent encore assez marquées.
Les hommes s’orientent davantage vers le chantier ou des parcours d’ingénieur,
et les femmes vers l’architecture ou l’architecture d’intérieur.
Je ne suis pas particulièrement attachée à ces distinctions,
mais dans les faits, elles sont encore très présentes.
Ce qui fait réellement la différence
Avec l’expérience, une chose me paraît essentielle.
Ce qui fait la différence, ce n’est pas uniquement la technique.
C’est la capacité à comprendre un projet dans sa globalité,
à s’adapter,
à communiquer efficacement avec les autres intervenants.
Et surtout… à rester simple dans un milieu qui est parfois très complexe.
Et pour celles qui hésitent…
Si je devais donner un conseil à une femme qui hésite à se lancer dans le bâtiment…
ce serait de ne pas trop se poser de questions… et d’y aller 👍
Les femmes ont toute leur place dans ce domaine.
Et elles apportent un vrai plus.
C’est un secteur riche, en constante évolution, dans lequel on apprend en permanence.
Il ne faut pas attendre de se sentir “prête”.
Il faut expérimenter, se confronter au terrain, progresser.
La confiance vient en faisant.

Si cette étudiante m’a dit que ça faisait du bien de voir une femme experte…
c’est sans doute que les modèles restent importants.
Mais ce que je constate surtout aujourd’hui,
c’est un secteur qui évolue.
Progressivement.
Et dans lequel chacun peut trouver sa place 😊.
Lydie
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